A. Brontë, La Recluse de Wildfell Hall

Publié le 26 février 2026 à 20:43

La Recluse de Wildfell Hall ne saurait être tenu pour le roman le plus accompli des sœurs Brontë : l’intrigue se dilue parfois dans des longueurs et des digressions qui en affaiblissent la tension.

Ce qui n’enlève rien à l’intérêt de l’œuvre, qui s’inscrit pleinement, par son style et son propos, dans la littérature victorienne du XIXᵉ siècle. Le roman empreint d’un romantisme sensible et teinté d’un moralisme pieux est pleinement caractéristique de son époque.

 

« Je tenais à lui prouver que mon cœur n’était pas son esclave, que je pourrais très bien vivre sans lui si je le voulais ».

 

Pourtant, à travers le personnage d’Helen, Anne Brontë affirme une vision étonnamment moderne de la femme, bousculant les idéaux victoriens et défiant la morale comme les codes sociaux. L’héroïne ne se limite pas à une fidélité ni à une abnégation héroïques envers son époux : elle se révèle déterminée, indépendante, capable de quitter le domicile conjugal et de tenter de vivre de son art.
Les autres thématiques du récit — dénonciation de l’alcoolisme, du libertinage et de la maltraitance conjugale — sont traitées avec une sincérité implacable qui scandalisa le public lors de la parution.
Cette franchise confirme la dimension critique du regard d’Anne Brontë, la vigueur de sa plume et le caractère résolument précurseur de son propos. Le roman s’impose ainsi comme une œuvre féministe à lire avec attention.

Anne Brontë, La Recluse de Wildfell Hall,
Libretto, 2016.

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.