Qui a poignardé la famille Primrose ?
Un thriller très addictif, qui réunit tous les ingrédients du genre : zones d’ombre, fausses pistes, rebondissements… Mais au-delà de ces codes parfaitement maîtrisés, ce sont surtout ses nuances qui retiennent l’attention.
L’originalité tient tout d’abord au choix du point de vue : l’enquête est menée par une célèbre créatrice de podcasts, Sloane Abbott. Le récit, dynamique, progresse au rythme de ses investigations et de la construction de ses futurs épisodes, renforçant ainsi l’immersion.
Autre particularité : le coupable est connu. Bill Kareama, jeune cuisinier maori, a été condamné à l’issue d’un procès expéditif. Lorsqu’elle rouvre l’affaire, Sloane cherche avant tout à mettre en lumière les failles du système judiciaire. Mais à mesure que l’enquête avance, les certitudes vacillent et le doute affleure. Et si le coupable n’était pas Bill ?
« […] au cours de mes quarante années en tant qu’avocat, je n’ai jamais été aussi certain de la culpabilité de mon propre client ».
Autre réussite : la galerie de personnages secondaires, troubles à souhait, qui gravitent autour de l’affaire et entretiennent un climat de suspicion constant. Chacun semble détenir une part de vérité — ou de mensonge —, brouillant encore davantage les pistes.
Le récit et l’intrigue s’ancrent en Nouvelle-Zélande — un cadre qui constitue en soi une forme probable de nouveauté pour le lecteur français —, sur fond de racisme envers les populations autochtones, d’héritage de la colonisation et de fractures encore vives au sein de la société contemporaine.
Enfin, les scènes de cuisine apportent une dimension originale au récit : elles offrent une respiration bienvenue, tout en humanisant Bill, ce “coupable idéal”, dont l’ambiguïté ne cesse de désarçonner.
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